Colonel Doug Macgregor : Nous marchons comme des somnambules vers la Troisième Guerre mondiale
L’entretien qui suit offre une occasion d’introspection à la fois indispensable et opportune, dont les États-Unis et l’Europe ont désespérément besoin en cette période critique. Le colonel Douglas Macgregor tend un miroir à l’Occident et s’appuie sur sa profonde connaissance de l’histoire ainsi que sur son expérience personnelle des conflits passés pour mettre clairement en évidence les parallèles, les motivations et les dynamiques qui sont toujours à l’œuvre et dictent la politique jusqu’à aujourd’hui. Concernant la guerre en Ukraine, il formule une critique cinglante à l’égard des dirigeants occidentaux et de leur « stratégie », visant plus particulièrement les élites politiques de Londres, Paris et Washington qui partent du principe qu’un conflit prolongé déclencherait d’une manière ou d’une autre une rébellion interne contre le président Poutine, dont l’Occident pourrait alors tirer parti. « Tout cela n’a aucun sens », affirme-t-il. « La société russe est soudée et solide. C’est l’Occident qui possède une société – ou des sociétés – qui ne sont ni soudées ni solides. Il faudrait donc dire que ceux qui prônent cela sont bons pour l’asile. Ils ont tous leur place quelque part à Bedlam. C’est un mélange d’ignorance, d’arrogance et d’illusions. Mettez ces trois éléments ensemble, et vous obtenez Starmer, vous obtenez Macron, vous obtenez Merz, du moins à l’heure actuelle, à Berlin. Ces gens vivent dans un monde imaginaire. Ils ne comprennent pas à quel point ils sont proches d’une confrontation qui pourrait coûter des millions de vies ».
Concernant le conflit entre Israël et Gaza, son analyse est encore plus accablante. Il souligne que l’agression et la brutalité israéliennes manifestées dans cette guerre génocidaire ont fait de la nation un paria au sein de la communauté internationale et que leur volonté de provoquer un conflit plus large s’avérera catastrophique tant pour Israël que pour les États-Unis. En effet, il avait vu venir la guerre actuelle et, de manière assez prophétique, il avait anticipé que « les Iraniens disposent désormais d’un arsenal énorme qui leur permet de riposter avec une grande puissance contre Israël et, d’ailleurs, contre n’importe quelle installation américaine. Le fait est donc que ce qui apparaît aux yeux des responsables à Washington comme un conflit limité et restreint pourrait très rapidement déborder du cadre régional et impliquer les grandes puissances du monde entier. » Il a également répondu à la question que se posent d’innombrables observateurs : Israël tente depuis des décennies de déclencher une guerre avec l’Iran, en répétant sans cesse les mêmes discours et les mêmes menaces ; alors pourquoi cela s’est-il produit maintenant ? Selon Macgregor, « la posture agressive d’Israël n’est pas tenable à long terme. Et je pense que Netanyahou et ses partisans le savent. C’est pourquoi il y a une pression énorme pour agir maintenant, car ils exercent sur les États-Unis – leurs forces armées, leur population, leur gouvernement – un contrôle sans précédent, et cela ne va pas durer. »
Il a toutefois réservé ses critiques les plus incisives à son propre pays, à sa conduite dans la plupart des guerres qu’il a menées, y compris celle en cours, et surtout, à l’impact que tout cela a eu sur l’économie nationale et sur sa propre population. Établissant un parallèle historique direct avec la guerre du Vietnam et la manière dont celle-ci a servi de catalyseur à l’abandon de l’étalon-or, Macgregor soutient que les États-Unis ont pour habitude de « se ruiner jusqu’à l’oubli » et de vider leur base industrielle de sa substance au profit du complexe militaro-industriel-parlementaire. Ce déclin budgétaire se heurte désormais à une profonde crise de confiance au sein de l’opinion publique américaine. Macgregor considère la pandémie de Covid comme un tournant, au cours duquel les citoyens ont pris conscience qu’ils étaient trompés par des institutions allant des NIH et de l’OMS au ministère de la Défense. Il conclut que, bien que les Américains se montrent de plus en plus méfiants envers les médias institutionnels et la classe politique du Capitole, le pays reste largement mal préparé à la transition d’une situation d’abondance vers une situation de pénurie et de troubles civils potentiels.
Regardez l'intégralité de l'interview du colonel Doug Macgregor ici et aidez-nous à diffuser le message crucial véhiculé par le « documentaire “World War III”. Partagez ce film avec toutes les personnes de votre entourage qui s'inquiètent de la voie sur laquelle nous nous engageons actuellement, mais surtout avec celles qui ne s'en inquiètent pas. »
Claudio Grass, Hünenberg See, Suisse. www.claudiograss.ch
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